0

La France des stagiaires

Dans les nombreux rapports IGAS et Cour des Comptes subis, il est une critique constante : vous ne faites pas «valser» le directeur et les cadres de la maison, ce qui est une faute.

C’est une méconnaissance totale des pratiques des entreprises de droit privé comme la Carmf : on ne vire pas par principe ceux qui donnent satisfaction dans leur poste, ceux qui ont de l’expérience, pour les remplacer par des personnes inexpérimentées à redéplacer une fois formés. Cela coûte cher et c’est stupide dans une entreprise sans fonctionnaires, même si c’est ce qui est fait dans les ministères, facile avec des fonctionnaires jouant aux chaises musicales avec leur emploi à vie. Cela vient de nous être imposé à la CNAVPL, 5 ans pour le directeur, de plus choisi parmi ces gens là pour leur assurer des débouchés.

Au bureau 3C de la DSS sur le poste qui nous concerne (celui qui dit oui ou non pour tous les régimes complémentaires et statuts), j’ai vu défiler 8 responsables en 18 ans, certains quelques mois ! Chaque fois le nouvel arrivant n’avait pas d’expérience, mais nous disait ce que nous devions faire. Une fois l’expérience acquise, il est nommé ailleurs. Le plus grave est que c’est eux qui décident, font les textes qu’ils proposent aux ministres ou à l’Assemblée en leur expliquant qu’il n’y a pas mieux, souvent en prétendant une fausse concertation, puisque quand on nous propose un texte, c’est uniquement par obligation, et sans nous écouter. C’est ainsi que sur nombre de décrets ou arrêtés, vous pouvez lire au début « vu l’avis de… », obligation légale, mais ce qui ne l’est pas, c’est de dire ce qu’est cet avis : favorable ou défavorable. C’est un détournement de l’esprit des textes.

Le fonctionnement de ce ministère, tel que je l’ai vu de près, et c’est partout pareil, est un peu comme si transposé dans une entreprise privée, ce sont les stagiaires qui dirigent l’entreprise.

Gérard Maudrux

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Un commentaire

  1. A propos de stagiaires mais dans une autre catégorie, celle des obligations administratives concernant les stages et leurs aberrations. Nous formions il y a quelques années en stage pratique des secrétaires médicales en formation, qui apprenaient la pratique de leur métier, gracieusement, dans nos cabinets. Leur présence réclamait de la part des secrétaires en poste , du travail pour cet encadrement en plus du leur . Une rémunération de fin de stage leur était alloué en remerciement du travail accomplit dans ce cadre. Un grand nombre des stagiaires passées au cabinet on trouvé un emploi. Depuis une quinzaine d’année, l’administration a supprimé cette possibilité, car nous “exploitions” ces personnes en formation. Hormis un vrai salaire point de stagiaires. Résultats plus de stagiaires en formation !
    Autre remarque pour l’encadrement des stagiaires par exemple dans une médiathèque ou une entreprise , il est interdit au stagiaire de monter sur un escabeau ! C’est vrai que cela est très risqué . Résultat les stagiaires ne montent plus sur les escabeau . Cette obligation nous fait tomber à la renverse , mais heureusement de plein pied !

  2. C’est tout à fait vrai et en plus, c’est fait pour enrichir l’auteur de ces décisions sans expérience, puisqu’il sera promu selon ces décisions. De plus, une petit député qui sort un décret, inutile comme de bien entendu, reçoit 800 € mensuels, à vie, au titre des droits d’auteur; alors une loi par un ministre !!

    • Merci pour cette info que je ne connaissais pas…encore une disposition pour amorcer la pompe à fric …des élus…avec tout le reste, et aussi pour récompenser ceux qui ont déjà tous les avantages , qu’ils se sont votés…

    • J’ajouterai aussi que dans le privé, le mauvais stagiaire, on s’en débarrasse. Ici pas question, ils ont inventé pour eux le SAV : Stagiaire A Vie. Pendant qu’ils “stagent”, nous on bosse pour payer leurs erreurs.