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La grève de trop

Le conflit contre la loi El Khomri s’éternise, coûte cher à beaucoup d’entreprises, la CGT s’en fout ; coûte cher aux services publics mais le contribuable est là, et coûte cher à la France en image de marque, pays des privilèges au mépris des autres citoyens et des visiteurs.

Dans un billet il y a 3 mois, j’avais fait remarquer qu’il n’y avait qu’une chose intéressante dans cette loi, justement celle qui bloque aujourd’hui : le droit pour les salariés d’une entreprise de discuter avec la direction et de prendre des décisions sur place, d’opter pour ce qui est le mieux pour tous, au lieu de se plier à des ordres venus d’en haut qui ont d’autres objectifs que les soucis de l’entreprise en question.

La CGT est en train de se tirer une balle dans le pied, mais malheureusement personne parmi nos « décideurs » ne décidera d’en profiter pour tirer des leçons en changeant certaines règles pour éviter l’inacceptable dans une nation démocratique et civilisée.

La CGT s’est totalement déconnectée, refuse de comprendre que le temps où elle était financée par le PC soviétique n’est plus, qu’il n’y a plus de PC chez nous non plus. Elle s’accroche à une idéologie dépassée qui va contre les intérêts des salariés, ce pour ne défendre que des privilèges de plus en plus révoltants quand on demande à tous de serrer la ceinture. Ils détournent le droit de grève qui n’est pas celui d’empêcher les autres de travailler. Il n’est pas non plus celui de faire de la politique. Ils n’ont pas compris que nous étions en démocratie, et en démocratie, quand on n’est pas d’accord, on vote différemment la fois suivante, mais on ne peut forcer les décisions des électeurs avec quelques milliers de militants ou de manipulés dans la rue. Le gouvernement ne peut céder, sauf en bafouant la démocratie.

Que faire pour profiter de cette situation inacceptable ? Le plus beau est que l’on paye ces gens pour agresser l’économie française. Ils reçoivent des mannes publiques, sans avoir à justifier de leur utilisation. On oblige les entreprises à payer des permanents pour bloquer ces entreprises. On choie ses dirigeants. Je vous ai conté le cas de Monsieur retraite à la CGT, qui jouit d’une des plus belles retraites de la fonction publique sans rapport avec sa carrière de permanent à la CGT, il n’est pas le seul. On a vu la tentative de créer une agence juste pour caser Monsieur Le Paon, on vient d’apprendre que François Chérèque quitte l’IGAS pour raisons de santé, on n’avait pas vu qu’il y était casé (avec Voynet et d’autres). Chassang lui est toujours au Conseil économique et social comme l’a été son prédécesseur.

Première mesure : cesser de payer les casseurs, ce n’est pas une atteinte au droit syndical ni au droit de grève. Cesser de payer des gens qui ne représentent pas 10% de la population active, et quand on sait de plus que beaucoup y sont par obligation à l’embauche ou pour avancer, ce n’est pas cela la démocratie. J’en arrive aux mêmes conclusions que pour les médecins : les syndicats doivent être financés par leurs adhérents. S’ils manquent d’adhérents, c’est leur problème et ils doivent se remettre en question. Au pire, pour les aider s’il cela peut éviter une guerre sociale, rendons l’adhésion (pas la cotisation) obligatoire. Le syndicat de la majorité silencieuse sera alors le premier et la démocratie respectée. 90% des travailleurs ne sont pas à la CGT, on l’a vu dans les quelques entreprises qui ont organisé des consultations, les syndicats actuels ont été totalement et très largement désavoués. Redonnons la parole au peuple.

Deuxième point, une réflexion est à faire pour envisager la pénalisation de certains comportements qui vont bien au-delà du droit de grève ou de manifester. On ne doit plus avoir le droit de faire perdre des centaines de millions à la France sans raison et en toute impunité. On ne doit plus avoir le droit de couler une entreprise, un secteur d’activité, en toute connaissance de cause sans avoir de responsabilité.

Pour terminer, ces gens-là ont bien montré leur mépris des usagers lors des inondations, en refusant de cesser même temporairement leur mouvement pour ne pas aggraver les soucis des habitants de la région parisienne. Ce n’est pas un incident, c’est une constante chez ces gens là. Vous vous souvenez de l’éruption il y a quelques années de ce volcan islandais au nom imprononçable. Vous vous souvenez aussi que cela avait fortement perturbé la circulation aérienne, et les avions de Paris étaient détournés sur Bordeaux. Vous avez sans doute oublié que nous étions en pleine grève de la SNCF, qui n’a en rien cessé la grève voire augmenté les cadences pour rapatrier sur Paris nos concitoyens en difficulté. Nous n’avons pas la même notion de service public qui pour eux justifie leurs privilèges, et pas la même notion de solidarité nationale, voire d’entre aide entre humains tout court.

Gérard Maudrux

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Un commentaire

  1. Le constat est bien établi , mais comment faire pour éviter la gabegie actuelle , le non respect de l’état de droit entretenu par la mollesse de la puissance publique par rapport aux activistes et à la surenchère de la CGT qui s’oppose à toute réforme utile pour l’avenir en sabotant l’économie française jusqu’à ce qu’on arrive dans le mur.
    La solution n’est elle que politique ?

  2. pensez vous vraiment que la cgt croit encore en l’ideologie communiste ?
    il s’agit plutot d’1 syndicat mafieux (comme autrefois les teamsters aux etats unis ) qui defend les interets de la “famille” grands et petits
    (cf comite d’entreprise air france)

  3. J’ai oublié la triste journée du 26 mai. La CGT a écrit à toute la presse française : “publiez notre tract ou vous ne paraîtrez pas”. Ils ont eu le pouvoir de museler toute la presse avec leur “grève”, aucun journal dans les kiosques sinon le seul à se coucher : l’Humanité. Maîtres chanteurs ou syndicats honorables et respectueux de l’opinion de chacun ?

  4. Une fois de plus votre tribune se réfère aux règles du bon sens…mais les politiques ne la lisent certainement pas ( à droite comme à gauche) et pendant ce temps j’enrage de savoir qu’une partie de mes impôts sert à alimenter les permanences de ces centrales syndicales qui ne défendent que quelques privilégiés et sont entrain de ruiner la France.

  5. La CGT se comporte non pas comme un syndicat, mais comme un groupement terroriste qui prend un pays et ses citoyens en otage pour arriver à ses fins.

    • C’est exactement ça. Du pur chantage profitant de la faiblesse du gouvernement, pour s’octroyer des avantages, quels qu’en soient les dégâts collatéraux sur les citoyens, l’économie, l’image du pays. C’est un acte maffieux, de la prise d’otages, du terrorisme anti français, tout sauf du syndicalisme, d’autant plus que ceux que l’on mobilise sont les moins concernés par la loi qui n’est qu’un prétexte. Nos politiques doivent en profiter pour sanctionner ce genre de dérive du droit syndical, mais ils ne feront rien, les terroristes seront toujours là, ils recommenceront et on trinquera encore. On doit les faire payer pour les dégâts qu’ils causent. Une grève est faite pour “embêter” son employeur, toute tierce personne, en rien concernée, et qui en subit les conséquences, doit pouvoir se faire indemniser par les fauteurs de troubles. Ainsi ils réfléchiront à leurs modalités de grèves.

  6. Une fois encore : bravo Gérard Maudrux, et j’adhère totalement.
    La CGT est hors-la-loi, empêche la liberté du travail, empêche la liberté de se déplacer, pénalise (le coût des grèves, des manifestations, des manques à gagner pour les particuliers, les petites entreprises, etc…) la collectivité…et le pouvoir (??) laisse faire. Mr François Hollande ne montre de virilité (je suppose, car je n’y étais pas pour tenir la chandelle..) que vis-à-vis de son actrice préférée, mais n’en montre aucune face aux prédateurs de la dictature du prolétariat de la CGT…qui se sentent aussi impunis et libres de leurs exactions que les hooligans….D’ailleurs je leur trouves des ressemblances intellectuelles…
    Avec François Hollande, nous continuons de voir le pays dégringoler, il est très fort, car nous croyons régulièrement avoir atteint le fond, et il nous montre qu’il a encore des ressources pour nous faire descendre encore plus, avec l’aide de la CGT ces jours-ci.
    Bien cordialement,
    Dr Jérôme Lefrançois

  7. Si les droits sociaux était ouvert uniquement si le salarié s’inscrit et cotise à un syndicat devenu ainsi obligatoire; beaucoup de problémes Français seraient résolus, les syndicats seraient alors beaucoup plus enclin à réellement défendre les syndiqués, la représentativité serait un non-probléme, l’indépendance et l’effectivité syndicale une réalité. Le financement des corps intermédiaire dans notre pays est un vrais probléme duquel Monsieur Macron se garde bien de parler. Le cas “Fatome” décrit plus bas, ou le scandale de l’uinm par exemple n’aurait plus de raison d’être. Pour élargir le débat je considére que le vote doit devenir obligatoire AVEC la possibilité que le vote blanc puisse invalider une élection, la France est percluse de rhumatisme bureaucratique institutionnalisé. Je conseille à mes enfants de quitter la France et de garder ce pays comme un joli jardin pour les vacances, cf le roman de Houellebeck.

    • La cotisation obligatoire serait donc un prélèvement obligatoire de plus donc de l’argent public. Donc rien ne serait changé. Prétendre que les syndicats changeraient avec des recettes assurés est illusoire. Non, il n’y a que la liberté d’adhérer et de cotiser avec des syndicats dépendants des cotisations qui les feraient changer. En revanche pour le vote et en particulier pour la prise en compte du vote blanc, je suis d’accord avec vous

  8. Complément :
    Ils veulent changer de gouvernement, moi aussi, dont acte. La différence est que moi je le fais en respectant la volonté du peuple, en leur expliquant qu’ils sont mauvais et qu’il faut en changer lors des prochaines élections.
    Eux le font en faisant du chantage. Pire, je ne suis pas sûr qu’ils veulent en changer, mais ils tentent de profiter d’un gouvernement fragile en lui disant : « conservez mes privilèges ou je fais ce que je peux pour vous faire virer ». Nous sommes loin du combat syndical, il faut que nos élus profitent de ce grand faux pas pour revenir à des règles plus saines.

  9. Cela fzit des annees que le SMAER syndicat des médecins d’aix et région le dit : “Les corps intermédiaires doivent être indépendants et autonomes . En plus du principe de subsidiarité bien énonçé par Michel Creuzet en 1973.
    Merci pour bon sens permanent.
    Cordialement
    Daniel Latil d’Albertas