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Syndicats (2) : l’argent.

En théorie, les gens cotisent à un syndicat pour qu’il les défende. Plus le syndicat a d’adhérents, plus il a de moyens, plus il peut agir matériellement et peser politiquement. Mais que se passe t-il quand il n’y a pas d’adhérents, ou que le « cotisant » n’est plus un professionnel mais les autorités contre lesquelles on est censé s’opposer pour défendre la profession ? N’est-on pas alors dans le conflit d’intérêt, la perversité et le mensonge ? La question peut se poser.

J’ai eu connaissance au moment de l’affaire Bigmalion du budget d’un grand syndicat de libéraux. Cotisations : 370 000 €, factures communication Bigmalion : 450 000 €. Cherchez l’erreur. Comment vivent ils ? De dotations et subventions diverses, souvent destinées à d’autres choses, comme les plus de 6 millions du FIFPL qu’ils sont seuls à gérer sans donner de comptes. Est-ce que tout l’argent de la FMC va aux formés ? Une partie n’est-elle pas consacrée au fonctionnement des syndicats, aux cadres ? J’ai assisté à des CA baptisés journée de formation des cadres et indemnisés.

La FMC, l’argent de la convention, la manne des Unions,… tout ceci est utilisé dans une grande opacité et les sommes sont considérables. Comme tout le monde y trouve son compte, personne ne s’en plaint. Et pourtant ! La loi du 20 août 2008 impose aux organisations syndicales et professionnelles d’avoir des comptes approuvés, certifiés et publiés (art L.2135-1 à L.2335-6 du Code du travail). Le décret d’application N° 2009-1665 du 28 décembre 2009 en prévoit les modalités de mise en œuvre de l’obligation de publicité de ces comptes, et un arrêté du ministère de l’économie du 31 décembre 2009 fixe les règles comptables. Selon le montant, ces comptes doivent être déposés à la DILA (Direction de l’information légale administrative) ou à la DIRECCTE du lieu de dépôt des statuts.

Ainsi les comptes de nos syndicats (et de l’Ordre) sont consultables sur http://www.journal-officiel.gouv.fr/comptes-syndicats/, bonne chance si vous les trouvez. Seuls la CNPL et un syndicat de pharmaciens le font. La loi n’est pas respectée et les autorités ne disent rien, car cela les arrange sans doute que l’on ne sache pas trop ce qu’ils donnent à qui, pourquoi et comment. Arrangements entre amis ? Sur le dos de qui ?

Cerise sur le gâteau, l’article L2151-1 du code du travail précise les critères pour être représentatif, le troisième critère étant la transparence financière…

Il serait temps que la loi soit respectée, il s’agit d’argent public, récolté par des cotisations obligatoires. Il serait temps que l’on connaisse le nombre d’adhérents pour savoir qui parle pour qui et avoir la vraie représentativité (je ne suis pas sûr qu’un seul atteigne les 2 ou 3000 cotisations pleines), que l’on sache qui paye ceux qui nous défendent et combien. Il serait temps que l’on sache dans chaque structure combien touchent les membres du bureau, vous auriez de très très grosses surprises. Et je ne parle pas des conflits d’intérêt avec des sociétés annexes, AGA, Mutuelles, etc où certains pointent.

Etre transparent, c’est être honnête. Le refuser, c’est avoir quelque chose à cacher, et quand on prétend représenter les autres, on ne doit rien leur cacher. Montrez que vous n’avez rien à cacher.

Gérard Maudrux

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Un commentaire

  1. Tout à fait d’accord.
    Bien confraternellement,
    Dr Jean-Luc Saladin
    Ancien délégué confédéral