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Syndicats (1) : l’action

Aux Etats Unis, syndicate est souvent synonyme de mafia. A l’opposé, en Allemagne les syndicats sont de véritables représentants des salariés et partenaires des entreprises, ayant pour objectif premier d’assurer la bonne marche et la pérennité de ces entreprises, ce qui fait que l’Etat s’en mêle moins que chez nous.

Qu’en est-il chez nous ? Il y a de tout. Sur certains dock et autres secteurs où l’encartement est obligatoire pour avoir un emploi, le terme de mafia n’est peut-être pas très éloigné. Ailleurs la surenchère fait que la bonne marche des entreprises et donc la garantie des emplois n’est pas la priorité, bien au contraire. Leur devise est : « Mieux vaut une entreprise de moins qu’un emploi en moins ». Outre la destruction par idéologie et en toute connaissance de cause, la pratique de la prise d’otages (ailleurs acte mafieux) pour défendre des privilèges acquis baptisés droits tout aussi mal acquis, est un sport bien français accroissant les inégalités. Ceci ne les gêne en rien tant qu’ils en vivent bien.

Le blocage des réformes visant à vivre avec son temps donne un résultat bien visible : nous sommes aujourd’hui le seul pays européen où l’embauche ne repart pas et avons une des croissances la plus faible. La faute à qui ?

Ce qu’il y a dans la loi El Khomri de plus intolérable pour ces gens là, ce n’est pas un alignement insuffisant sur les autres pays, c’est sans doute de proposer de libérer les salariés de la dictature syndicale en permettant un référendum dans les entreprises. Inacceptable.

Trois exemples. Chez Smart une grande majorité a désavoué par référendum les syndicats en acceptant pour sauver l’entreprise 39 heures payées 37. Même chose avec moins de majorité pour le travail le dimanche au BHV. Chez les grands brûlés à l’hôpital de Toulouse, le service s’est organisé en 2×12 au lieu de 3×8, à la très grande satisfaction du personnel et du fonctionnement. Dans les 3 cas, les syndicats ont porté l’affaire devant la justice, contre les salariés et la démocratie.

Qu’en est-il en médecine ? Difficile de qualifier l’action syndicale qui ne ressemble à aucun des comportements ci-dessus. Seuls sont écoutés ceux dont le financement et la survie sont dépendants du système, les autres sont ignorés. On pourrait sans doute résumer l’action par une phrase : « Qui paye commande ».

Et que donnerait la loi El Khomri chez les médecins ? Imaginez que l’on puisse contester la signature d’une convention par 2 syndicats en organisant un référendum ? Tout comme chez les syndicats de salariés, l’écoute de la base n’est pas une option acceptable. Je l’ai déjà constaté plusieurs fois. C’est eux qui savent ce qui est le mieux pour vous et ce que vous souhaitez, pas vous.

Gérard Maudrux

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Un commentaire

  1. Comme tout le monde… j’ai de bon camarades syndicalistes…
    je suis fou d’admiration… pour le travail qu’il font pour nous, malgré l’adversité et les temps difficiles, etc…
    comme toujours ou trop souvent…j’espère… j’accepte…
    Quoique…!!!!
    Merci de poursuivre le combat du bon sens !!!!!!!

    • Oui il y en a beaucoup d’honnêtes et dévoués, mais je ne suis pas sûr que ce soit les plus écoutés.

  2. A priori à la suite des élections récentes aux URPS et donc de la représentativite syndicale, il semblerait (?) qu un accord isolé lors de negos conventionnelles avec un seul syndicat ne soit plus possible…A vérifier.