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Pénurie mortelle

Personne n’a vraiment mesuré l’ampleur de la pénurie de médecins à venir. Ce n’est pas une pénurie, c’est une catastrophe sanitaire qui s’annonce dans moins de 5 ans, et rien de concret n’a été fait ni même envisagé. Il y a juste 10 ans, j’avais organisé à la CARMF une conférence de presse pour l’expliquer, cela n’avait intéressé personne, or il était encore juste temps.

Ici 3 médecins sont partis en retraite dans un village de 1500 âmes sans successeur, là il ne reste plus qu’une gynéco de plus de 60 ans dans cette préfecture pour 4 il y a quelques années, ailleurs c’est 6 à 12 mois de délai pour telle spécialité. Personne ne se rend compte que ce n’est rien comparé à ce qui va arriver demain. On en est encore à ne pas y croire en mettant les quelques problèmes actuels sur le dos des médecins qui ne vont pas s’installer là où il le faudrait.

Certains proposent de beaux locaux, il y a 10 ans je disais que l’on pouvait faire des châteaux, s’il n’y a personne à mettre dedans, ils seront tout aussi vides. Beaucoup voient dans les cabinets de groupe la panacée. Certes les jeunes aujourd’hui veulent ce mode d’exercice, mais que l’on m’explique comment mettre 3 médecins là où l’on n’en trouve même pas un ?

Dans 3-4 ans, on viendra manger dans la main des médecins et ils pourront obtenir tout ce qu’ils veulent. Si par contre ils s’engagent dans la prochaine convention sur des bases héritées du passé, nous sommes morts. Nos syndicats doivent prendre conscience de cette situation, s’ils en sont incapables, s’ils continuent à minorer l’ampleur de la situation à venir, nous seront coincés pour 5 ans et nous aurons tout raté.

Gérard Maudrux

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Un commentaire

  1. un médecin chilien voudrait travailler dans la region parisienne ; comment faire pour valider son dîplôme ? Sa femme française a un bon travail depuis peu

    • C’est l’Ordre qui valide ou non. Ils vous diront ce qui est possible et ce qui ne l’est pas, avec la procédure.

  2. Mr Maudrux n’a sans doute pas voulu enfoncer le clou mais ne serait-ce l’aide des cumulards( mais ils s’arrêteront eux aussi), les retraites seront payés par qui? par qui?La RATP, la SNCF?Personne ne viendra au secours de nantis!

  3. bonjour ,merci a vous d’avoir su gérer la CARMF pendant si longtemps (15 ans?)en toute transparence , avec une analyse intelligente de la situation que vous nous avez rendu accessible avec vos lettre et vos guides.Je ne pense pas que cela ai jamais été fait avant!
    moi , j’ai 51 ans et suis dégouté : lettre de rappel parcequ’il m’arrive de coter 25€ (“c’est 2€ de trop me dit la CPAM, vous risquez un procès!!”)
    Humiliation de la CPAM ,qui ne veut plus m’envoyer mes feuilles de sécu ou d’arrêt de travail et autre formulaires ,il faut aller les chercher au compte goutte, aux horaires définis c’est la nouvelle règle !(j’en ai pour l’après midi!)
    perte d’activitée importante du fait que je ne télétransmet pas et que je fais 2 fois moins d’arrêt de travail que mes confrères (donc cotisation CARMF proportionnelement élevées 25% du BNC), exigence croissantes des patients qui veulent tout pour rien”c’est remboursé par la sécu”
    ce n’est plus de la médecine , mais une distribution de droit et d’avantage par le biais de formulaires , ordonnances et papiers en tout genre : je suis dépassé , c’est le ras le bol , et je pense dévisser ma plaque en fin d’année: encore un de moins
    un médecin désabusé

    • Moi aussi j’ai largué avant l’âge, en pleine activité, reconnu par mes patients et mes confrères. C’est fou comment on arrive avec des gens qui ont du travail, un très beau métier et qui gagnent bien leur vie, à leur donner envie d’arrêter alors qu’il semble qu’on ait tout pour continuer le plus longtemps possible ! Quel gâchis.
      Bon courage.

  4. Pour les « médecins privés de thèse »qui sont restés (car certains se sont exilés) nous sommes sans revenu ni ressource donc l’objectif est double :
    En premier : Obtenir une autorisation temporaire d’exercice (libéral ou poste hospitalier) car nous sommes en grande partie père ou mère avec une famille à charge et ainsi que les charges de la vie quotidienne en cours…Le CNOM doit s’occuper de cela avec l’aide d’un seul syndicat…..Mais là encore Le Ministère de la Santé et l’Education Nationale se renvoient la responsabilité .Donc c’est pour quand ?? Je ne sais pas……
    En second : Régulariser le diplôme qui passe par une inscription en faculté : chose qui n’est pas possible de réaliser à l’heure actuelle car le statut de « résident en médecine générale » n’existe plus. Enfin l’Education Nationale et l’enseignement supérieur affirment qu’il n’existe plus. Il ne tient qu’à eux de le faire réapparaitre…..
    La plupart se retrouve donc avec une thèse sur les bras dont aucune faculté de médecine ne veut enfin l’enseignement supérieur. Bref, mais pendant ce temps là, nos vies sont mises entre parenthèse par des personnes qui n’ont aucun lien avec la médecine ou la santé…
    De plus, où est l’intérêt de cette décision ministérielle ??

  5. Médecin français généraliste de 44 ans, remplaçant depuis 7 ans en zone rurale et étant intégré à l’ancien régime des études médicales en France.

    Une réglementation de 2012, sensée améliorer les études médicales, ne me permet pas prétendre à une inscription à la faculté en vue d’une validation de thèse de médecine malgré validation de mes études et 7 ans d’exercice et ceci par décret ministériel de l’Education Nationale (non pas le ministère de la santé) donc je suis médecin-français-chômeur par décret ministériel.

    Un confrère a même été condamné à Brest pour travail illégal ne pouvant accéder à la conformité de sa situation, d’autres médecins se sont exilés faute d’écoute….(le comble en période de pénurie médicale).
    Le conseil de l’ordre des médecins est démuni face à cette situation. Le juriste du conseil national de l’ordre des médecins ne peut agir car il est face à une « absence de législation » nous concernant, un vide juridique, une impasse administrative malgré mes études et mon expérience. Ce décret a rayé mon cursus universitaire et toutes mes années d’expérience et investissements.

    Malgré mes nombreuses relances, force est de constater un immobilisme ministériel flagrant dans ce dossier alors qu’il s’agit d’un dysfonctionnement administratif, en période de pénurie médicale et je suis sans ressource alors que j’ai gravi pas à pas l’escalier social et universitaire. Quel est l’intérêt de nous placer sur la pente de l’exclusion ? “Nous” car nous sommes nombreux dans cette situation qui a suspendu nos vies, qui a mis nos vies entre parenthèse par décret ministériel sans solution alternative alors que nous avons nos familles à charge : nous ne sommes plus étudiants mais père ou mère de famille : c’est vraiment un dossier que l’on peut appeler : Le Scandale des “médecins privés de thèse” dont l’Éducation Nationale est responsable

    Je me tiens à votre disposition pour tout entretien ou conseil que vous voudrez bien m’accorder dans l’espoir de parvenir à une issue.
    Vous remerciant de l’attention portée à ma demande, je vous prie d’agréer l’expression de ma considération distinguée.
    Mr Bouamama M. (Médecin désespéré)

    • J’ai déjà eu connaissance de ce problème qui n’a toujours pas de solution. Il confirme ce que je pense : nos décideurs se foutent royalement de la pénurie. De nombreux confrères peuvent travailler et quand ils sont empêchés par des subtilités administratives, personne ne fait rien, tout le monde s’en fout. Même chose pour les bas revenus : nombre de confrères peuvent remplacer ou travailler à temps partiel, ce qui est impossible à cause des charges pour les petites activités. Quand on apporte des solutions (rendre facultatif avec tranches les 4850€ de la part forfaitaire de l’ASV), c’est niet, y compris de la part des syndicats peu concernés par la pénurie.
      Je ne comprends pas quand vous dites que le juriste de l’Ordre ne peut rien faire face à ce vide juridique. Pour moi il est justement du rôle et du devoir de l’Ordre de voir le Ministre pour combler ce vide, et c’est le seul qui peut y arriver

    • À tout hasard : il est peut être possible de contacter les facs de médecine roumaines pour passer la thèse là bas ? Le diplôme est reconnu car UE. L’enseignement de certaines facs est en Français et il y a beaucoup de recalés des PACES qui poursuivent là bas.

      • Comme on a organisé volontairement la pénurie (avec comme argument que c’était pour diminuer les dépenses) et que l’on a empêché nos enfants de faire médecine, beaucoup sont allés se former en Belgique et en Roumanie, où ils ont effectivement un cursus en français. A partir de maintenant environ 200 devraient revenir chaque année, avec effectivement un diplôme valide via les accords européens. Il paraît que le niveau n’y est pas (détracteurs ou vérité ?). Comme de toutes manière ils exerceront ici, il aurait été plus intelligent de les former sur place.
        En ce qui concerne “diminuer l’offre pour diminuer la demande”, ces idiots n’avaient pas pensé que cela ne diminuerait pas le nombre d’habitants et de malades, comme si c’était les médecins qui rendaient les français malades ! On peut même se demander si cela n’aura pas l’effet inverse : pénurie = français moins bien soignés = plus malades = augmentation des dépenses. A moins qu’ils y aient pensé, mais d’une autre manière : pénurie = français moins bien soignés = plus malades = moins de français…

  6. Il faut surtout être honnête avec la population, et empêcher n’importe quel médecin de s’installer n’importe où, et adapter les ressources médicales aux besoins de la population, comme cela est fait au..au Canada par exemple, loin d’être un pays communiste, ou les plans établissent les besoins en généralistes et spécialistes de façon précise. Il faut aussi arrêter d’augmenter le numérus clausus, qui conduit à une baisse de la qualité moyenne des élus.

    • Surtout l’augmenter aujourd’hui serait une très grosse erreur, car portant ses effets après 15 ans, au moment ou on remonte la pente. Cela serait la même erreur que par le passé, avec surdensité. Ils font tout avec 20 ans de retard@, et dans ce cas à contre sens.

  7. En 2002,je me suis présenté aux élections législatives sur ce thème “par qui serait vous soigné demain?) . 0.5% mais je l’ai dit.
    Dans les possibilités efficaces en quelques mots: le médecin ne fait que de la médecine aidé par les personnes compétentes , a accès aux informations médicales instantanément, les durées d’études sont diminuées avec accès à une formation continue de qualité. Des para médicaux bien formés voient aussi les patients et font le tris des patients nécessitant le recours au médecin qui doit alors être au top des connaissances. Médecine par téléphone, par internet sont aussi des moyens à rendre conforme à notre loi et ils vont aussi servir.
    Comme cela on peut s’en sortir, je pense

  8. il parait que la diminution de l esperance de vie recemment constatée est due à la méteo ,à la grippe , a EI , je ne sais quel pretexte pour masquer la réalité: regression de la qualité de notre médecine , raréaction des medecins j ai 61 ans 37 ans de cardiologie et quand je vois mes patients ici à Draguignan je me dis que si je n ai pas la chance d avoir un successeur ce sera difficile de partir un jour à la retraite sans inquietude pour l avenir de leur suivi meme si je suis convaincu que personne n est indispensable!!

  9. C’est toujours terrible d avoir raison avant les autres et de regarder le cadavre passer au fil de l’eau.
    C est pas grave les ONG humanitaires pourront faire des économies de frais de déplacements puisqu’ exclusivement hexagonaux!!